Clubhouse connecté pour la population ayant des incapacités psychiques : pratiques numériques collaboratives, emplois de transition & communs de la connaissance

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   Le modèle du clubhouse connecté que nous proposons dans cette présentation consiste à mettre en place une éducation au numérique, une première condition pour la “participation sociale en réseau” (Saba Ayon, 2016). Conçu pour une population ayant des incapacités psychiques, le clubhouse la connecte à l’environnement numérique qui modifie instantanément l’espace urbain et les pratiques de vivre dans la ville. L’objectif est de développer une présence numérique (Merzeau, 2010) qui favorise une bonne communication et une activité collaborative et participative. Face à une traçabilité numérique exploitée par les grandes firmes pour profiler les usagers, le numérique, dans une approche culturelle (Doueihi, 2013), devrait être investi dans des projets collectifs et mémoriaux pour faire des communs de connaissance (Mulot, 2016) utiles et efficaces à la personne et à sa communauté.

Ce travail a été présenté dans le cadre du Colloque International “Pour une ville inclusive : Innovations et partenariats”, organisé par le RIPPH et le CIRRIS à l’Université Laval à Québec les 08 et 09 novembre 2016.

Voir le support de la présentation : https://drive.google.com/open?id=0B0pzbHXvgDK8Tlg0QnZTS0YwNDA

Une vidéo de la présentation sera mise en ligne bientôt.

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Digital trace, mental health & social participation

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From the interaction in the interpersonal communication to the traceability on internet: how can we comprehend the communication and the social participation in the digital era?
Can we explain digital as an environment, as a culture? And what is the relationship
between this new ecosystem and disability?
Achieve social participation (the case of population with psychiatric disabilities) in the digital environment means doing archives, memory projects and commons… to implement a digital presence.
This presentation took place in the School of Communication in the Catholic University of Indonesia-Atma Jaya in Jakarta on September 16th of 2016.It came after a meeting with Pr. Eko Widodo, dean of Faculty of Business Administration and Communication and Pr. Dorien Kartikawangi, head of the School of Communication. It was continued by a meeting with members of ASPIKOM, the Association of Communication Higher Education in Indonesia.

To view the presentation: https://drive.google.com/file/d/0B0pzbHXvgDK8bENDVUZnenFRWk0/view?usp=sharing

 

E-INCLUSION DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP PSYCHIQUE : Faire des traces numériques un environnement commun et participatif ?

LCN Enjeux du big data 2016

Issues de toute activité dialogique avec les machines connectées, les empreintes des usagers tracent le paysage du numérique, un « écosystème dynamique » (Doueihi, 2013). Les personnes vulnérables, dont celles en situation de handicap psychique, trouvent dans la Cibercultura (Rüdiger, 2011) une sortie de l’isolement vers une nouvelle sociabilité numérique. Selon le Modèle de développement humain et le Processus de production du handicap (MDH-PPH2), la situation de handicap se produit dans l’interaction entre facteurs individuels et environnementaux (Fougeyrollas, 2010). Comment le numérique, approché comme environnement, peut-il favoriser l’inclusion de la population en situation de handicap psychique ? Le profilage de l’usage numérique individuel permet aux grandes firmes de l’internet de collecter les empreintes, de leur donner un sens et conséquemment d’utiliser ces traces pour des finalités diverses. Quel serait le cas si la production et la gestion de ces traces numériques (Mille, 2013) s’orientaient vers des usages contributifs dans le but d’en faire des biens communs numériques (Le Crosnier, 2010) ? Notre article questionne les usages numériques d’un groupe de personnes en situation de handicap psychique au Havre en 2013-2014. Notre étude ethnométhodologique et notre observation de leurs activités montrent une utilisation du numérique orientée d’avantage vers le contact social et le loisir. Les membres du groupe hésitent à participer au montage d’un projet online coopératif, se méfiant de l’intrusion du numérique dans leur vie caractérisée par des troubles de comportements (Zribi, Sarfaty, 2008). Nous appelons donc à une « translittératie » (Merzeau, 2014) pour éduquer au numérique et défier les difficultés à la participation sociale de cette population. Investir les traces numériques dans des travaux collaboratifs communs pourrait ainsi constituer une voie pour la construction d’une société inclusive avec le digital.

Article publié dans le numéro de la revue Les Cahiers du Numérique “Enjeux du big data et identifications des données médicales”, sous la direction de JOËL COLLOC et BRUNO HÉNOCQUE, vol. 12, n° 1-2, en juin 2016, p. 133-169.
Title and abstract (english version)

E-INCLUSION OF PERSONS WITH PSYCHIATRIC DISABILITY: Transforming digital traces into a common and participatory environment?

Imprints of users trace the landscape of a “dynamic ecosystem” (Doueihi, 2013), derived from any dialogic activity with the connected machines, which constitutes the digital. Vulnerable persons, including those with psychiatric disability, put in the Cibercultura (Rüdiger, 2011) an end to their isolation towards a new digital sociability. According to the Human Development Model-Disability Creation Process (HDM-DCP2), the disability occurs in the interaction between individual factors and environmental factors (Fougeyrollas, 2010). But if we approach the digital as an environment, how would it promote the inclusion of the population with psychiatric disability? The profiling of the individual digital use allows large companies of the Internet to collect imprints, give them meaning and therefore use these traces for various purposes. What would occur if the production and management of these digital traces (Mille, 2013) was directed towards contributing uses, in order to make digital commons (Le Crosnier, 2010)? Our article questions the digital uses of a group of persons with psychiatric disability in Le Havre in 2013-2014. Our ethnomethodological study and our observation of their activities show a use of the digital further oriented towards social contact and entertainment. The group members’ hesitate to participate in the montage of a collaborative online project, mistrustful of the intrusion of the digital in their life characterized by behavior disorders (Zribi, Sarfaty, 2008). We call for a “transliteracy” (Merzeau, 2014) for an education about the digital and to a defiance of the difficulties for a social participation of this population. Investing digital traces in common collaborative works could be a way to build an inclusive society with digital.

A CULTURA DIGITAL E A PARTICIPAÇÃO SOCIAL DE PESSOAS COM INCAPACIDADES PSÍQUICAS: Investir os rastros digitais em uma presença

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Como a cultura digital favorece a participação social da população com incapacidades psíquicas? Como podemos pensar a rastreabilidade digital em uma abordagem inclusiva e quais atividades são úteis para superar a situação de disability?

Essa palestra foi apresentada na disciplina Diversidade cultural e reconhecimento social na Universidade Unilasalle Canoas em Rio Grande do Sul – Brasil, em 31 de maio de 2016. 

Pourquoi le handicap et le numérique?

Texto-Jean-Claude GöttingCe blog reflète, en grande partie, nos travaux en Sciences de l’information et de la communication et nos réflexions sur le handicap que nous comprenons comme une variation du développement humain (Fougeyrollas, 2010), et également sur le numérique que nous appréhendons comme une culture (Doueihi, 2013).

Pour nous, penser le numérique c’est questionner les usages sociaux et culturels de l’informatique dans un monde/environnement connecté où tout activité laisse des traces. Quelle transformation culturelle induit le numérique? Comment affecte-il le comportement, le social et recompose-il l’environnement? Comment faire face à une traçabilité qui fait de l’identité une documentation et un calcul algorithmique? Quel apprentissage et quelles pratiques individuelles et collectives appellent ces enjeux pour faire mémoire, pour produire et gérer des biens communs (Le Crosnier, 2013) et pour faire de sa présence numérique (Merzeau, 2010) un “vecteur de connaissance et d’être ensemble” ?

Le handicap, comme une situation de désavantage qui peut atteindre toute personne, se produit dans un processus interactionnel entre les facteurs personnels et environnementaux (Fougeyrollas, 2010). Souvent exclue de la pleine participation sociale, la personne en situation de handicap se trouve avec un accès limité aux conditions de survie et d’épanouissement et aux droits garantis à chacun des citoyens dits “valides”. Où peut-on situer le numérique dans le processus de production du handicap (PPH)? Serait-il un facteur handicapant ou favorisant la réalisation des habitudes de vie de la personne? Quel rôle pourrait-il jouer pour assurer l’inclusion ou l’adaptation de la population en situation de handicap?

Tant de problématiques qui croisent notre cheminement sont évoquées et questionnées dans des réflexions et des approches diverses sur ce blog. Il est évident que le handicap n’est pas une caractéristique de la personne mais une situation qui peut changer et évoluer. Quand au numérique, la question est de savoir et d’analyser comment pourrait-il constituer un environnement inclusif, un projet pour “faire société”, pour émerger un nouveau “vivre ensemble”?