Humanisme numérique

Humanisme Numérique

Concept proposé par Milad Doueihi (2013), l’Humanisme Numérique désigne les rapports complexes de la technique et la culture numérique avec un héritage culturel du passé.

“L’humanisme numérique est le résultat d’une convergence inédite entre notre héritage culturel complexe et une technique devenue un lieu de sociabilité sans précédent. Une convergence qui, au lieu de tout simplement renouer l’antique et l’actuel, redistribue les concepts, les catégories, et les objets, tout comme les comportements et les pratiques qui leur sont associés, dans un environnement nouveau” (Doueihi, 2013).

Cette conversion des sociétés induite par le numérique appelle de nouvelles compétences de nouvelles littératies. Le numérique touche à notre vécu d’une manière profonde. La vie humaine dans tous ses aspects ne cesse de se réinventer sous le coup d’innovations technologiques.

Selon Doueihi, le numérique est une nouvelle manière de fabriquer de la mémoire et de l’interpréter. Il nous pousse à inventer de nouvelles formes pour garder autant que pour exploiter nos productions numériques.

Nous rejoignons Douehi dans son appel à une nouvelle pédagogie qui est une responsabilité collective, à un nouvel humanisme qui est l’Humanisme Numérique:

“Notre défi est de travailler ensemble sur les modalités d’une nouvelle forme de gestion de la mémoire, de l’identité et du savoir, et d’élaborer une éthique” (Doueihi M. (2013), Qu’est ce que le numérique, Puf, Paris, p. 54).

Trace numérique

Notion polysémique, la trace n’est pas facile à concevoir ni à limiter à une définition unique et univoque. Pour nous, donner à une inscription un statut de trace provient de l’observation, comme processus cognitif, qui permet de distinguer l’empreinte comme trace de quelque chose pouvant faire sens.

Trace numérique

Dans L’Homme trace : Perspectives anthropologiques des traces contemporainesBéatrice Galinon-Mélénec (2011 : 26) souligne que “la trace se repère et s’interprète en fonction de processus d’interactions entre un individu en situation d’interprétation et les environnements (individuels, familiaux, culturels, sociaux et plus généralement humains et non humains) dans lesquels il s’insère”. Elle fonde la notion “signe-trace” qui évoque “deux faces de la trace : l’une tournée vers l’histoire, le passé et l’autre qui, tournée vers l’interaction présente, devient signal” (2015).

La trace se distingue de l’empreinte. D’après Alain Mille (2013 : 8), l’empreinte est “l’inscription de quelque chose dans l’environnement au temps du processus” et la trace c’est “l’observation de cette empreinte dans une temporalité qui ne peut pas lui être antérieure (mais peut être la même)”.

Trace numérique 2

Quant à la trace numérique, Mille (2013 : 8-9) explique qu’elle “est constituée à partir d’empreintes numériques laissées volontairement (ou non ?) dans l’environnement informatique à l’occasion de processus informatiques”.

D’un point de vue informatique, les empreintes sont des éléments laissés dans l’environnement à la suite d’une activité. Elles peuvent être produites volontairement. Dans le numérique, toute activité laisse des empreintes qui deviennent traces une fois, cherchées, détectées et interprétées par des “observateurs avertis”.

Le débat scientifique sur la trace et notamment sur la trace numérique renvoie aux travaux de recherche de l’Ecole Française sur la Trace (depuis 2009 et jusqu’à présent) et au Complex Systems Digital Campus/E-Laboratory on human trace.

Pour plus d’informations, voir dans la vidéo suivante, la présentation du paradigme de “l’Homme-trace” dans la première conférence mondiale de l’UNITWIN UNESCO sur les systèmes complexes en 2015 par Béatrice Galinon-Mélénec : https://www.youtube.com/watch?v=POF-qXF4SSs&feature=youtu.be

 

 

 

 

 

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